Aller au contenu principal
Fermer

Guerre au Moyen-Orient : le gouverneur de la Banque de France alerte sur une évolution défavorable pour l'économie européenne
information fournie par Boursorama avec Media Services 03/04/2026 à 11:05

"À l’évidence, le prochain changement de taux directeurs a désormais de fortes chances d'être à la hausse", a estimé le gouverneur de la Banque de France, même s'il est "prématuré" d'en parler.

François Villeroy de Galhau à Paris, le 24 mars 2026. ( AFP / BERTRAND GUAY )

François Villeroy de Galhau à Paris, le 24 mars 2026. ( AFP / BERTRAND GUAY )

La guerre au Moyen-Orient risque d'entraîner l'économie européenne dans un scénario "défavorable", a prévenu jeudi 2 avril le gouverneur de la Banque de France, qui appelle à la "plus grande vigilance".

"La prolongation du conflit est évidemment négative. Nous sommes, aujourd'hui le 2 avril, plus proches du scénario intermédiaire défavorable que du scénario de base retenu par la BCE le 19 mars", a souligné François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), lors d'une conférence à Sciences Po Paris.

Lors de sa dernière réunion, le 19 mars, la BCE avait publié de nouvelles projections à l'horizon 2028. Elle avait étudié trois scénarios, en fonction de la durée et de l'intensité du conflit. Dans son scénario de base, un choc significatif mais temporaire, elle revoyait à la baisse sa prévision de croissance pour la zone euro à 0,9% pour 2026, contre 1,2% en décembre.

Dans son scénario intermédiaire, plus défavorable, elle anticipait une diffusion plus large du choc, avec des effets de second tour (une généralisation de la hausse des prix) , et des prix du pétrole atteignant 119 dollars par baril au deuxième trimestre 2026. Elle prévoyait alors une croissance de 0,6% et une inflation de 3,5% pour 2026 dans la zone euro.

Retour de l'inflation

Concernant l'inflation, les chiffres de mars pour la zone euro et la France, publiés mardi, "confirment un fort effet de premier tour", mais l'inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) "est restée à ce stade bien maîtrisée", a souligné le gouverneur.

"Pour autant, la plus grande vigilance est de mise" car, notamment "les anticipations d'inflation des marchés ont fortement monté" , et "nous n'avons pas encore celles des entreprises et des ménages", a-t-il dit.

Dans l'ensemble de la zone euro, l'inflation a grimpé à 2,5% sur un an en mars, contre 1,9% en février. En France, l'indice des prix à la consommation harmonisé (qui permet les comparaisons entre les différentes inflations de la zone euro) a augmenté de 1,9% sur un an en mars, après 1,1% en février.

La BCE a maintenu en mars son principal taux d'intérêt directeur à 2%. Pour François Villeroy de Galhau, "il est très prématuré d'anticiper un calendrier de hausse des taux de la BCE". Mais "à l’évidence, le prochain changement de taux directeurs a désormais de fortes chances d'être à la hausse".

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires